Le gouvernement
espagnol a décidé de ne pas prolonger les concessions détenues jusque-là par
des filiales du groupe Abertis.
Plus de
500 kilomètres d’autoroutes sont devenues gratuites, en Catalogne,
mercredi 1er septembre, le gouvernement espagnol ayant décidé
de ne pas prolonger les concessions détenues jusque-là par des filiales du
groupe Abertis. Fini, donc, les péages sur l’AP-7 entre La Jonquère, à la
frontière française, et Tarragone, dans le sud de la région du nord-est de
l’Espagne, ainsi que sur l’AP-2, entre El Vendrell, sur la côte, et la
région de l’Aragon, à l’ouest.
Sur ces deux
autoroutes, appartenant à l’Etat, plus de 100 000 véhicules par jour
circulent, dont environ 20 000 camions. Le gouvernement catalan a,
pour sa part, pris une décision semblable pour deux voies rapides de propriété
régionale, dont l’autoroute du Maresme, la plus ancienne voie payante
d’Espagne, en service depuis 1969.
Ne pas
prolonger la durée des concessions autoroutières, qui devaient arriver à
échéance durant son mandat, est un engagement pris par le président du
gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, lorsqu’il est arrivé au
pouvoir en 2018. Depuis, près de 600 kilomètres d’autoroutes à
péages, construits il y a quarante à cinquante ans, sont devenus gratuits,
à commencer par l’AP-1, entre le Pays basque et la Castille, puis l’AP-4, qui
relie Séville et Cadix, en Andalousie, et le tronçon de l’AP-7, entre Alicante
et Tarragone, qui longe la côte méditerranéenne.
« Une spoliation »
Avec les
tronçons catalans, ce sont plus de 1 000 km d’autoroutes qui voient
disparaître leurs stations de péages. Cependant, la gratuité de la circulation
devrait y être provisoire. Dans le plan espagnol de relance envoyé à Bruxelles
fin avril, le gouvernement s’est engagé à « développer un système de
paiement pour utilisation du réseau de voies de haute capacité qui permette de
couvrir les coûts de maintenance et d’intégrer les effets négatifs du transport
routier ». Il se donne un an pour élaborer un nouveau schéma de
financement des autoroutes, sur le modèle des vignettes, comme en Suisse, ou du
paiement au kilomètre, comme au Portugal, et jusqu’en 2024 pour
l’appliquer. Au passage, tous les automobilistes devraient être logés à la même
enseigne, où qu’ils vivent.
Jusqu’à ce mercredi,
la Catalogne était, en effet, la région d’Espagne avec le plus de kilomètres
d’autoroutes à péage : près de la moitié du réseau, contre environ
18 % dans le reste du pays. Une situation qui avait alimenté, ces
dernières années, le discours victimiste des nationalistes catalans.
« C’est une spoliation qui durait depuis trop longtemps », a
encore déclaré le vice-président du gouvernement catalan, l’indépendantiste
Jordi Puignero, le 26 août, avant de prévenir que « le modèle
selon lequel les Catalans paient et les citoyens espagnols non, ne se répétera
pas ».
En attendant, les écologistes s’inquiètent des
conséquences de la fin des péages sur la fréquentation des trains de banlieue
et craignent une forte augmentation du trafic routier.
sources : lemonde.fr